S’informer des obligations du maître d’ouvrage en matière d’étude de sol (PPRMT, Inspection des carrières, POS particulier à la commune, PPRI). Les bureaux d’études géotechniques sont là pour vous conseiller. Pour cela des cartes sont disponibles soit sur INTERNET soit à la mairie. Si le budget de l’étude de sol imposée s’avère trop onéreux voir « non maîtrisable » une close restrictive peut encore être signée chez le notaire. L’abandon du projet peut être nécessaire en cas d’absence d’engagement.

L’étude de sol est fortement conseillée même dans les cas ou elle n’est pas obligatoire dans certaines communes : généralement elle est exigée par les groupes d’assurance habitation (garantie décennale), les banques prêteuses. L’ensemble des maîtres d’œuvres intervenant dans le projet ont aussi un intérêt à proposer une étude : architectes, BE structure/béton, constructeurs. Il arrive que les clients demandent une étude de sol alors que la maison est déjà partiellement construite et il est parfois trop tard pour la réaliser. Les fondations déjà coulées peuvent parfois s’avérer inadéquate à la qualité du sol porteur.

PREMIERE APPROCHE PREVISIONNELLE DE LA QUALITE DU TERRAIN DE LA PARCELLE

Les parcelles à risques peuvent être soumises à des obligations spécifiques émanant de la Préfecture en ce qui concerne l’étude de sol :

Exemple : mission géotechnique d’expertise G5 couplée en plus de la mission géotechnique G2AVP classique de prédimensionnement des fondations.

La nature du sol peut être appréhendée par un géologue ou un géotechnicien : il a à sa disposition les cartes géologiques et topographiques du BRGM (site INFOTERRE) avec les éventuels forages/sondages déclarés et répertoriés, les cartes d’aléas des PPRMT consultables sur internet (dissolution de gypse, sensibilité des argiles à la sécheresse, coulées de boue), les cartes GEORISQUES (argiles gonflantes) les cartes de l’IGC (recensement des carrières souterraines, des fontis de gypse et des marnières) qui sont consultables sur internet sur certains département de l’ile de France seulement. On notera l’obligation pour le maître d’ouvrage de remplir une fiche de renseignement à l’intention de l’Inspection des Carrières de PARIS pour les départements suivants : 75, 93, 94 en particulier.

Le géologue/géotechnicien peut faire alors une prévision sur la qualité de la nature du terrain de la parcelle, ce qui lui permet du coup d’élaborer un programme d’investigation adapté au terrain et donc de construire sa proposition de prix pour le client.

La prévision faite par les géologues /géotechnicien peut s’avérer exacte dans environ 90% des cas seulement. Pourquoi ?:

  • ­La géologie est une science naturelle par principe aléatoire. Malgré son caractère logique elle dépend aussi du nombre de sondages répertoriés déjà connus.
  • Les fondations superficielles sont beaucoup plus influencées par les 3 à 5 premiers mètres de terrain. Hors même si ces terrains reflètent pour partie les terrains géologiques sous-­‐jacents ils sont la preuve de transformation ou de modification avec le temps: dégradation, altération, remaniement sans compter les glissements, les éboulis de pente et les substitutions de remblais effectués par l’homme. Quelquefois les sondages géologiques révèlent la présence d’anciennes fosses septiques oubliées, des puits à moitié comblés des bassins d’agréments mal remblayés qui peuvent remettre en cause les prévisions de fondations du client.
  • Les données géologiques ou de forages recensés peuvent se révéler insuffisantes sur un secteur donné.

CES CONSTATIONS APPELLENT A DES CONCLUSIONS

Le programme d’investigation de sol peut ne pas coller exactement à la nature du terrain, dans tous les cas il vient parfaire l’approche bibliographique et est parfois susceptible d’évoluer en fonction des premières analyses in situ.

Le rapport G2AVP achevé, les fondations construites par le client devront s’adapter aux préconisations de l’étude de sol G2AVP et pas le contraire.

L’étude de sol G2AVP n’est pas juste un document destiné à valider les fantasmes d’un maçon ou de son client qui sont par définition des non sachants.

PROGRAMME D’INVESTIGATION GÉOTECHNIQUE DEFINIT PAR LE BE GEOTECHNIQUE

Il reflète la variabilité en tenant compte si il y a lieu des contraintes imposées sur l’étude de sol (préfecture, inspection des carrières, mairie) lorsque des risques du sous sol profond ont été identifiés. Il est donc naturel que le programme d’investigation géotechnique soit différent selon les secteur et projets étudiés.

En général :

  • Pour les terrains de bonne qualité (environ 70% pour lesquels on envisage des fondations superficielles ou semi-­‐profondes) une étude au pénétromètre dynamique (formule des Hollandais) suffit en général : établissement d’un pénétrogramme avec une courbe de résistance associée ainsi que d’une coupe de carottage. Généralement on fait une triangulaire de 3 pénétromètres ce qui permet de définir une surface avec une bonne appréciation du terrain porteur.
  • Nature de sol appropriée au pénétromètre : marne, sable, sable marneux, calcaire plus ou moins tendre, silt hors nappe, alluvions anciennes sablo-­‐graveleuses de rivière. Le tout pouvant être altéré en surface.
  • Pour les terrains de mauvaise qualité (environ 30% pour lesquels on envisage des fondations profondes) une prestation de 2 forages à la foreuse couplés d’essais préssiométriques tous les mètres ou tous les 1m50 avec enregistrement automatique des paramètres de forage, est nécessaire. Les mesures permettent d’apprécier les tassements et la pression limite du terrain indispensable pour dimensionner les futures fondations.
  • Nature du sol appropriée au forage avec essais pressiométriques : Silt, vase, tourbe, argile sans eaux, alluvions modernes de rivière + investigation profonde (mission G5 imposée par la présence de fontis, carrières remblayées, karst, marnières, caves, champignonnières ou mission G2AVP PRO pour les immeubles), ou encore calcaire dur subaffleurant.

COUT DES PRESTATIONS GEOTECHNIQUES

Il comprend :

  • Coût des sondages/forages avec remise au propre des minutes de terrain.
  • Coût du déplacement et immobilisation de la machine
  • Coût du rapport de sol. Il est normal que ces coûts varient d’un rapport de 1 à 4 d’une région à l’autre en fonction du pré diagnostic du terrain lequel impacte sur le choix du matériel employé.

CHOIX DE LA SOCIETE DE FORAGE OU BE GEOTECHNIQUE QUI RÉALISE LES SONDAGES OU FORAGES

ATTENTION AU SOCIETES SURCHARGEES DE TRAVAIL et aux plannings serrés, elles sont souvent d’avantage soumises aux conditions de rentabilité, en particulier pour les reconnaissances à la foreuse :

  • Les problèmes d’ordre techniques sont statistiquement importants. Conséquences : les équipes sont parfois prêtes au pire pour rattraper du temps perdu sans avoir à revenir à savoir
  1. Ne plus respecter les procédures et les protocoles imposées par les normes en matière d’exécution de forage ou d’essais préssiométriques.
  2. Ne plus respecter le calibrage du forage et sa tenue, hors ceux-­‐ci conditionnent la qualité des résultats. 
  3. Au pire en l’absence du client ne réaliser qu’un forage de valable sur 2 et « trafiquer » les résultats du deuxième en s’inspirant du premier.

Ces pratiques ne sont heureusement pas généralisées mais peuvent être encouragées par le fait que le client est généralement « non sachant » en la matière. C’est alors plutôt du « motus et bouches cousues ». Il est clair que ces entreprises surbookées ne reviendront pas sur place terminer un travail négligé.

D’autre part ces entreprise de forage et/ou BE géotechnique ont plusieurs équipes de forage et souvent la maintenance n’est pas au rendez vous :

  • Les équipes s’échangent du matériel entre elles sans vérification ou mention de leur état au retour du dépôt (précipitation et rentabilité oblige).
  • Le matériel est alors défectueux ou hors service sur le terrain. Cela devient un problème si la qualité de l’étude s’en trouve impactée.

ATTENTION AUX SOCIETES QUI CASSENT LES PRIX notamment par des slogans attractifs sur INTERNET, elles ont souvent pignon sur rue : Un vrai travail de forage ou de sondages/carottage bien réalisé prends du temps et mérite salaire sans compter l’entretien des machines. Ces offres chiffrées dérisoires apparaissent d’autant plus louches que les bureaux d’études payent chaque année une somme conséquente pour leur assurance décennale. Le risque encouru pour le client est : d’avoir un programme tellement allégé qu’il en devient non significatif du point de vu géotechnique.

Exemple :

  • Diminution des points de forages ou de sondages.
  • Forages préssiométriques court et essais préssiométriques très espacés.
  • Déplacement d’une équipe jeune et inexpérimentée amenée à faire 2 chantiers par jours (le programme est calculé à sa plus simple expression pour boucler la journée).
  • Mauvaises surprises au niveau de la facture. En effet toutes particularités (si petite soit elle) de la parcelle ne correspondant pas aux conditions du contrat de l’entreprise de forage (accessibilité, pente, vide sanitaire) pourront être facturées au client en plus et cela sans état d’âme.
  • Certaines sociétés de forage estiment à tord ou à raison que ce n’est pas leur travail ou leur devoir de consulter la géologie avant travaux aussi elles proposent une étude basique pour fondations superficielles à tout bout de champ sans refuser aucun client (par principe non sachant). Si le terrain s’avère sans portance en particulier dans un contexte alluvial les sociétés refacturent ensuite une deuxième prestation plus chère cette fois ci avec du gros matériel. En effet les bureaux d’études et entreprise de forages ont une « obligation de moyens mais pas de résultats ».

Conclusion : A vouloir casser les prix certaines sociétés perdent leur crédibilité auprès de leur confrères et de la profession en général. La valeur de leur rapport d’étude se retrouve sujet à caution.

ATTENTION AUX SOCIETES QUI PROMETTENT DES ETUDES DE SOL GRATUITES CLEFS EN MAIN car déjà comprises dans un contrat de matériaux de construction. Cela peut paraître séduisant mais c’est généralement un marché de dupes.

ATTENTION AUX ENTREPRISES QUI PROMETTENT MONTS ET MERVEILLES en un temps record et à des prix défiants toutes concurrences . C’est suspect et cela peut laisser présager un travail bâclé.

Il faut un temps pour tout :

Exemple :

  • Investigation au pénétromètre avec amené/repli soit 3 sondages à 7m et 1 carottage à 5m : il faut compter 1 journée de travail minimum avec 1 sondeur sans compter la remise au propre des données de terrain.
  • Investigation au forage avec essais préssiométriques avec amené/repli soit 2 forages à 8m avec 2x6m essais préssiométriques : il faut compter 1 journée de travail minimum avec un binôme de foreurs.